• Histoire de requin


    Diane Guillemette de Chicoutimi a capturé samedi un requin du Groenland dans les eaux glacées du Saguenay. Le spécimen de 230 kilogrammes (506 livres) mesure 9 pieds et 7 pouces et a été trouvé au large de Sainte-Rose-du-Nord, à près de 700 pieds de profondeur, dans les abysses du fjord.

    La pêcheuse sur glace est une habituée du Saguenay. Elle savait qu'elle avait un gros poisson au bout de la ligne, mais jamais elle ne pouvait s'imaginer qu'il s'agissait d'un requin. La dernière prise du genre date de 1995, dans le fjord.

    «Il était à environ 680 pieds, complètement dans le fond. Ça veut dire 366 tours de manivelle pour le remonter à la surface», raconte celle qui a pris la peine de les compter après l'aventure. «On a travaillé pendant une heure et demie pour l'amener au bord du trou de pêche.»

    «J'ai monté la ligne doucement car la prise était très lourde. En approchant de la surface le poisson se déplaçait en tournant lentement. Quand nous avons vu la queue se pointer dans le trou, on pensait qu'il s'agissait d'un flétan», raconte la dame en montrant, sur l'écran d'ordinateur, les photos prises tout au long de l'opération.

    Les pêcheurs ont pris une gaffe pour sortir le monstre par la queue, mais il a repris le large en déroulant la ligne sur une cinquantaine de pieds. «Nous avons eu peur de le perdre. Là, on se doutait bien que c'était un requin. Nos amis, pas très loin de nous, sur les glaces, avaient vu leur ligne se faire couper, une semaine auparavant», relate Diane Guillemette.

    Les pêcheurs ont élargi le trou de pêche en bêchant avec une tranche pour casser les 20 pouces de glace qui séparaient les pêcheurs de ce qu'on considère comme l'un des plus gros poissons des eaux arctiques. C'est à l'aide d'une motoneige, avec une corde attachée au bout de la queue du requin, que les pêcheurs ont sorti le monstre de l'eau.

    Il s'agit du premier requin pêché dans le Saguenay au cours des 11 dernières années, une nouvelle qui réjouit les biologistes qui pourront pratiquer des prélèvements sur la carcasse pour faire des études.

    «Habituellement, les scientifiques recommandent aux pêcheurs de couper la ligne de pêche quand on capture un requin. C'est une pratique qu'on ne savait pas. Les biologistes n'encouragent pas la capture des requins, mais ne semblaient pas déçus d'en avoir un sous la main pour améliorer leurs connaissances», a fait savoir Diane Guillemette qui a immédiatement prévenu les spécialistes pour les informer de la prise miraculeuse.

    Pour le moment, le prédateur repose au fond de la cour arrière de Diane Guillemette, en attendant que les biologistes du Musée du Fjord de La Baie en prennent charge pour fins de conservation. © 2006 Le Quotidien. Tous droits réservés.

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